vendredi 16 mars 2012

Couloir Nord des Drus
14 et 15 Mars 2012

Les Drus depuis la gare des Grands Montets

"Bon quant est-ce qu'on va en montagne Dam's ? Tu travailles tous les jours ? J'irai bien aux Drus faire le couloir nord" 
"Je prends deux jours pour faire une croix mon Gregos. Renseigne toi un peu sur les condition à Paname et c'est parti. J'appellerai aussi Jeff il doit être au courant de tout par là bas"
"J'ai appellé Jeff, le couloir nord des Drus est en condition, il y a du monde tous les jours. C'est une bonne occasion. Les approches seront tracées."
"Bingo ! Ca ne te dérange pas si Jess vient avec nous ?"
"On sera plus lent, mais c'est plus sympa. On partagera aussi le matos pour le portage."

Jeudi 14 Mars

Approche par les Grands Montets à skis avec des sacs Dantesques. Bivouac d'accord mais avec un peu de confort. Du coup les sacs ressemblent à des arbres de Noël.
La trace est faite vers "les oreilles de lapin". Un peu de désescalade dans le premier couloir puis on chausse les skis dans une neige ultra molle. On traverse un peu à gauche vers un épaulement pour basculer dans un deuxième couloir très raide. Une corde fixe est en place dans le haut. S'en suivent deux rappels à cause d'une neige irrégulière et quelques cailloux qui parsèment le fond.
Une petite montée à pieds de 10 minutes sous les séracs du Nant Blanc, quelques virages et voilà le tour est joué. Au niveau du rognon des Drus on trouve une multitude d'emplacement de bivouac. Certains sont occupés et d'autres abandonnés. On optera pour un trou à neige abandonné. Deux trois coups de pelle pour passer d'un deux places à un trois places avec vue.
L'ambiance est grandiose, les températures sont clémentes.... Bivouac idéal en quelque sorte.

Nous sommes juste à côté d'une cordée de Tyrolien qui ont même apporté une tente. La discussion s'installe en Anglais avec nos accents respectifs : lunaire. Ils vont aussi au couloir nord. Ce sera surement les seuls mais ça serait quand même bien de partir avant eux. Ça va être louche si on leur demande. On verra bien. Levé prévu à 3h, départ à 4.
Juste avant de se coucher quelques ascensionnistes du jour commencent leur redescente à skis vers Cham. En plus je les connais, ce sont des collègues guidos: Rémi, Peter, Mémé. On en profite pour prendre le maximum d'info sur la voie et la descente à ski du lendemain avant d'aller se coucher.



Vendredi 15 Mars

3h00, et merde ! Les Tyroliens sont déjà en action. A 3h30 ils partent. 30 minutes devant nous, on va se les coltiner toute la journée avec les inconvénients et risques que cela entraîne.
30' de marche nous mène à la rimaye. On a rattrapé les Tyroliens et tout notre matos est déjà prêt sur nous. Ni une ni deux je pars directement sans faire de politesse.
Whaou, pas facile cette rimaye: surplombante avec une grosse marche de 1m au dessus du vide et le tout en neige molle, sans aucune consistance. J'arrive à trouver un appuis en enfonçant deux bâtons salvateurs le plus haut possible. Jessy me pousse au cul et Greg m'assure. Ça passe. "Relais!"
Surprise, un Tyrolien débouche derrière moi. Je me dis qu'il n'a pas du être content que je lui refuse la priorité. En fait il a juste voulu profiter de mes bâtons à la rimaye dont ils étaient dépourvu. Après quelques politesses et l'arrivée de mes seconds je parts en tête pour les premières pentes de neige et glace.
Tout s'enchaine rapidement et au maximum en corde tendue. Il fait nuit mais les traces de nos prédécesseurs nous guide.
L'attaque du couloir

Au lever du jour nous arrivons aux premières difficultés mixtes. Deux longueurs en traversée ascendante vers la gauche nous mènent au pieds de la fissure Nominé. Je passe le relais à Jessy. Il veux enchainer à vue cette longueur. Ça n'a pas l'air si raide d'en bas. Par contre quant on est dedans c'est une autre histoire, c'est même déversant dans la partie médiane. Une vingtaine de pitons parsèment la fissure et permettent aux non adeptes du Dry Tooling de monter en actif'. La fissure est très fine. Elle propose de petits emplacements pour les coincements de lames. De part et d'autre c'est de la dalle. Il faut poser précisément les pieds sur des micro prises.
Jessy progresse lentement et surement jusqu'au moment où il accélère fortement.Mais cette fois en sens inverse et dans un jet d'étincelles. Le vieux piton a tenu bon. La suite sera enchainée. Je tomberai au même endroit en second avec un coincement de lame plus que douteux. Les sacs ne nous aident pas vraiment d'ailleurs.
Jessy dans la fissure Nominé
Jessy decide de prendre une variante pour la longueur suivante malgré la ligne de pitons évidente dans le dièdre couché et ouvert juste à droite (comme dans le topo). Ça lui semble plus facile; ça passe, mais plus facile je ne suis pas sûr. Rien de très franc, des pas dans des dalles. L'essentiel est d'être passé.
Il demande à ce qu'on prenne le relais. Ça use un peu moralement ces longueurs. Je ressigne pour une petite longueur de 60m pas facile. Je ne m'attendais pas à ça.
Je parts sans les crampons comme conseillé par mes collègues la veille. Il s'agit pour l'essentiel d'une fissure à poing avec très peu de pieds. On sort par la droite dans le haut dans des écailles qui sonnent bizarrement. Je remets mes crampons dans une position d'équilibre précaire pour rejoindre le relais sur la  droite. Mieux vaut être bien équipé en friends dans cette longueur: 2 camelots n°3 et un n°4 semble être un minimum. Un n°3 coincé dans la fissure permet également de soulager le moral.
Mes deux seconds ont gardés les crampons dans la longueur; pas forcément mieux apparemment. Ils grimpent doucement, preuve que ce n'est pas donné.
On abandonne une partie de nos Camalots pour la dernière partie de la voie; le couloir de glace à proprement parlé. C'est Grégoire qui s'y colle comme prévu.
Ce couloir est en forme de S sur 300m de haut. Un verrou rocheux bouche la partie centrale du S.
Greg part corde tendue pour la première moitié. Cette technique est plus rapide mais aussi plus exposée car les seconds sont sous le feu du leader et autres chasseurs. Des salves de glace nous arrivent régulièrement dessus. Certaines proviennent de Greg, d'autres d'une cordée partie la veille dans la voie Lessieur en train descendre dans le couloir. De plus, la brèche des Drus est au soleil, ce qui produit également des purges naturelles.
Je prends un bloc sur la joue droite et hurle sur Greg. Un peu de sang, une joue qui gonfle comme un ballon, ça sera tout pour cette fois. Le prochain glaçon sera sur la cheville droite. Je vais finir en vrac si ça continue comme ça ! Juste sous le verrou, on décide donc de tirer des longueurs pour ne pas grimper sous le leader et rester un peu à l'abri au relais (pas toujours à l'abri d'ailleurs).
C'est là que l'on croise Christophe Dumarest et son coéquipier qui induisent Greg vers un passage surplombant sous prétexte qu'il y a deux pitons et que ça doit passer là. Ça n'a pourtant pas l'air attirant du tout. Au bout du compte, Greg désescalade pour contourner par la gauche là ou il y a les traces des prédécesseurs. Ce n'est pas facile mais ça passe plutôt bien.
La suite est un grand couloir rébarbatif en glace vive. Quelques trous facilitent nos ancrages de piolets. Nos mollets sont en feu, il est temps que ça se termine. Arrivés enfin à la brèche, au soleil, nous décidons quand même de monter au sommet du petit Dru juste au dessus à droite. Ça à l'air facile, je commence à monter avec Jessy sans la corde. Je me dit petit à petit que ce n'est pas si facile et que la descente risque d'être tendue. "Greg, monte un brin stp!"

Greg et Jessy à la brèche des Drus
Après un pas de renfougne sous un bloc en équilibre nous arrivons au sommet et au soleil. Quelques photos, un petit truc à manger et on attaque directement la descente. Il est déjà 15h30. On a pris pas mal de temps avec les longueurs de dry et la glace du haut. On ne connait pas l'itinéraire de descente à skis et on voudrait bien le faire de jour.

Vue du Mont Blanc et de la Mer de glace depuis le petit Dru
Pas de soucis particulier pour enchainer les rappels. Je rajoute deux relais sur lunule pour optimiser les longueurs de corde. On descend dans le raide et impressionnant couloir nord direct.
La rimaye franchie, nous descendons au pas de course pour plier le bivouac et ainsi profiter des dernières lueurs du jour. La descente se fera de nuit malgré nos effort.
Nous optons pour la technique 'suivage de vieilles traces'. Je sais que la descente est mal-aisée. Il faut trouver le passage entre les barres rocheuses pour rejoindre la mer de glace.
Notre technique s'avère payante puisqu'elle nous mène AU passage.
La suite est habituelle: Vallée Blanche et retour à Cham avec des sacs énormes et de jambes bien atteintes. La remontée de la moraine vers les Mottets nous achève.
21h30 à Chamonix. On se dit que c'est fini, et bien non. Après avoir vidé 2 fois son sac, Jess nous annonce qu'il n'a pas les clés de sa voiture. Stèphanie Maureau nous prête sa voiture pour aller rechercher le camion à Greg resté à Argentière. Les clés à Jess sont là, dans la boite à gants, bien joué !!!

Bref, on a fait le couloir nord des Drus !

samedi 18 février 2012

Le marathon des glaces 2012


Samedi 17 février, tour de Glace de Champagny en Vanoise:


Il est 18h et les préparatifs vont bon train. Accompagné de Steph' Husson et Denis Tatoud le barbecue s'installe, les informations pratiques sont affichées, les cordes sont installées. Nous sommes prêts pour accueillir le 1er marathon des glaces.
Petit à petit les participants arrivent, se renseignent, s'équipent et sans vouloir (pouvoir) attendre  ils se lancent sur la tour quelques instants avec les 8 coups.
Bientôt toutes les voies sont occupées, des plus simples aux plus impressionnantes et difficiles dans le désormais célèbre nez de la tour. Il faut même souvent attendre pour trouver une voie. Ça rappelle rappelle franchement les dimanches Gorzderette.
Toute sorte de  public est là : des grimpeurs habitués, des enfants accompagnés de leurs parents, des débutants, des amis d'habitués, des donateurs (de vêtements pour la croix rouge), de simples passants...
Les plus jeunes (Lou-Anne, Maxime, Léo) qui ont entre 8 et 12 ans se battent férocement pour contribuer à la performance collective. Quelle joie gratifiante d'aller inscrire sont nom suivi d'un 'petit bâton' pour attester de cette 'victoire'.
Dans une bonne ambiance la stratégie n'est pas encore en place. Chacun grimpe pour se faire plaisir et non pas pour établir un record. La dépense énergétique n'est pas comptée. De nombreux essais dans les voies difficiles se voient sanctionnés de belles chutes. De temps en temps les spectateurs se tournent tous vers l'un des équilibriste et l'encourage dans son exercice, et certains peut-être espèrent même voir une jolie chute ;-)
Les voies s'enchainent, le barbecue bat son plein, la musique accompagne le tout.
Au fil des heures les grimpeurs se font de plus en plus rares. Certains vont se coucher car ils doivent travailler le lendemain, certains ont de la route ..... : normal ! Du coup, des stratégies se mettent en place : on grimpe uniquement en moulinette, on fait des séries de voies.... Le compteur commence alors à grimper sérieusement.
Aux alentours de 4/5 heure du matin il ne reste plus que quelques équipes présentent et encore motivées à faire grimper le compteur. Même les plus tenaces cèdent : Camille, Jessy, JL, JB, Stèph, Lost Rider, Grégoire, Carole, Perrine, Mickaël...

Christophe, Etienne et Manu
dans la dernière ligne droite
Vers 6 / 7 heures, on voit quelques personnes (Cocotte, Maurice, les solides de la yaute emmenés par Céline) revenir pour le sprint final sous les hymnes russe, français, suisse et autres musiques improbables.
8h00, le jour est maintenant bien levé et il est l'heure pour les marathoniens de la tour de faire un premier bilan : 429 longueurs ont été gravies durant l'épreuve par l'ensemble des participants, soit un total de 8580m. Il ne manque que 13 longueurs pour atteindre le toit du monde, l'Everest. Peu importe, l'essentiel n'était pas là. De toute façon, comme dit Manu Bazogue "il ne faut pas faire trop fort la première année sinon on n'arrivera pas à battre le record".
Certains ont réussi à faire nuit blanche sur la tour : Etienne, Manu, Christophe et moi même.



Résultat de 12h de grimpe

Vous l'aurez donc compris, il y aura surement une prochaine édition et vous êtes bien sûr tous conviés.
Après avoir rangé l'essentiel du désordre avec les derniers participants, je charge tous les vêtements donnés par les participants au profit de la Croix Rouge Française. Ouf, tout rentre mais de justesse !
Un dernier salut rapide à cause de la fatigue et tout le monde prend le chemin du retour pour aller se coucher ou travailler pour certains.

Merci à tous pour votre participation à cet événement. Comme quoi, même sans aucun budget on peut organiser une manifestation sympathique.

dimanche 12 février 2012

Le marathon des glaces

Après les succès respectifs de la Gorzderette et de la coupe du monde sur la tour de glace, nous vous proposons une nouvelle épreuve : le marathon des glaces.

Toutes les infos dans le document ci-dessous.

Contact : Damien 06 89 93 65 19